Photo: Lëa-Kim Châteauneuf /Art public Montréal
Georges Floyd, un an plus tard
Christelle Saint-Julien  » 
mai 25, 2021

C’est une drôle d’époque. Jusqu’à récemment, ce temps de l’année n’avait rien de spécial. Il y a, de manière anecdotique, mon anniversaire. On souligne maintenant l’anniversaire de la mort de George Floyd et, coïncidence, celui de La Converse. Un an, déjà – et seulement. 

La dernière année a été remplie de crises – sanitaires, médiatiques, humaines. Des crises qui, chez moi, ont réveillé des passions. 

L’an dernier à pareille date, j’ai tout fermé. Je ne voulais plus lire les nouvelles, voir les images. La différence entre ce qu’on me montrait et ce dont j’étais témoin était insoutenable. Derrière mon écran, et au bout du fil (pandémie oblige), je me suis rabattue sur ma communauté pour protester, discuter, écouter, exprimer. Et, surtout, mieux comprendre ce qui, pour moi, était si clair, mais qui semblait échapper à tant d’autres. 

Les cris de ralliement des alliés ont fusé sur les réseaux sociaux. « We are listening », lançait-on à coups de carrés noirs. Je me demandais si, plutôt, ils ne faisaient qu’entendre. 

Comme souvent, on m’a demandé de dire quelque chose. J’ai rarement quelque chose à dire. J’ai surtout des choses à montrer. Les gens. Ceux que je vois partout autour de moi, mais nulle part dans les médias traditionnels. Ces voix qu’on n’entend pas. 

À l’adolescence, j’ai décidé de devenir journaliste. Il y a un an, dans l’urgence, j’ai reformulé ce rêve que j’avais remisé en raison de l’inaccessibilité du métier, de l’état des lieux, de la fatigue et de la frustration. 

Dans la vague d’éveil des consciences, les occasions professionnelles se sont présentées à moi. Je n’avais jamais vu ça. Quelle ironie ! J’ai choisi La Converse. Non pour bâtir quelque chose, mais dans l’espoir de faire dire tout haut ce qu’on entend ici tout bas. Pour lire du journalisme, et non de l’opinion. Pour rapporter. Pour questionner.  

Pour amplifier les voix qui brillent par leur absence

Pour demander des comptes

Pour témoigner de vos histoires qui ne sont pas des cas isolés. 

Et puis, quoi maintenant ? 

On poursuit le travail, sans jamais oublier. En gardant toujours à l’esprit les gens, les communautés. 

On aura besoin de vous pour avancer.