Mouna Douab est diplômée de la première cohorte de l’école Converse, un projet mené en collaboration avec l’Université du Québec en Outaouais. Aujourd’hui, on accueille l’étudiante en communication au poste d’été de coordonnatrice du développement numérique et journaliste. On découvre ici son intérêt naissant pour les médias, le parcours qui l’a menée au journalisme, et comment cette nouvelle passion s’est instillée en elle. 

Tu as découvert le journalisme récemment. Quel a été ton parcours? 

J’ai étudié le Droit à l’Université d’Ottawa, jusqu’à ce que je réalise que ce n’était pas du tout ça que je voulais faire de ma vie. C’était mon rêve de jeunesse, pourtant l’ambiance ne m’a pas fait sentir chez moi.

Depuis que je suis toute jeune, j’aime écrire. En Droit, autant j’aimais la matière, autant il manquait le côté humain et l’écriture. Après cette première année à l’université, j’ai voyagé partout dans le monde pour me recentrer, puis je me suis inscrite comme étudiante libre à l’Université de Montréal. J’y ai étudié toutes sortes de choses pour voir ce que j’avais envie de faire, puis j’ai découvert le certificat en Communication, un domaine que je n’avais jamais envisagé. Ça me donnait la possibilité d’écrire, de m’exprimer, et c’était plus humain. Je me suis ensuite inscrite au baccalauréat en Communication à l’Université du Québec en Outaouais.

Comment s’est déroulée ton expérience à l’école Converse? 

Suite à cette expérience, j’ai développé un amour pour le journalisme, un domaine où je n’aurais jamais cru mettre les pieds. Lela amenait à la table un journalisme de dialogue, une conversation, une ouverture envers les communautés, ainsi qu’une volonté de donner une voix aux gens qui n’en n’ont pas dans les médias. Ça m’a énormément inspirée, comme plusieurs autres dans ma classe. 

Ça m’a fait réaliser l’importance de raconter les histoires des gens. C’est tellement important de raconter ce que certains vivent, qui correspond parfois ce qu’on vit nous-même. C’est tellement rassembleur, ça donne une force. Ce qui m’intéresse, c’est de faire part de ces réalités. 

Mon désir de travailler avec La Converse provient de mon expérience personnelle puisque je suis moi-même une minorité visible. On m’a demandé ce dont j’avais envie de parler, ce que j’avais envie de dire, et j’ai décidé de faire un reportage Instagram sur le blanchiment des CV. C’était une histoire entendue près de moi qui m’avait frappée. Ç’a été l’occasion de faire un travail de terrain et de donner la chance aux gens de raconter leur histoire, une chance qu’ils n’avaient pas encore eue. Dans les médias traditionnels, on n’en entendait jamais parler. Ça m’a permis de réaliser qu’on pouvait donner une voix aux gens. 

Ç’a été un apprentissage pas toujours évident, un grand travail de recherche et de dialogue. Il m’a fallu discuter avec les gens, m’asseoir avec eux pour qu’ils se sentent eux-mêmes à l’aise de partager leurs histoires, des histoires qui font mal, et qui existent ici au Québec et au Canada. L’expérience était parfois difficile, mais je suis très fière du résultat final. 

Un poste d’été a été annoncé et j’ai senti que c’était une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer. Travailler à La Converse correspond à tout ce que j’aime : la conversation, le dialogue, le storytelling des gens et des minorités qui n’ont pas cette voix, ainsi que la représentation de ceux-ci dans les médias. Pour moi c’était sûr que je ne pouvais pas dire non et on a fait des pieds et des mains pour que ça puisse fonctionner. 

 Quel est le rôle du journaliste selon toi?  

Il y a une différence entre ce que c’est et ce que ce devrait être.  Ça devrait être un service qui est donné aux citoyens, parce que le journalisme doit selon moi donner une voix à la communauté et aux gens, leur donner une visibilité. C’est aussi un service qui devrait être là pour les protéger et leur permettre de s’exprimer. Le journaliste ne devrait pas avoir à rendre de comptes aux plus grands.

Avant, je pensais au journalisme comme ayant un agenda déjà établi. On le voit dans les sciences sociales, mais aussi dans les médias traditionnels qui parlent de ce qui est plus sensationnel, des choses qui font du bruit. Il manque de représentation, de visibilité pour les gens qui ont besoin d’être perçus différemment à travers ces médias. On voit certaines communautés souvent porter le chapeau des méchants. Je trouve ça très difficile à regarder, ça vient avec beaucoup de pessimisme et de négativité. 

Qu’est-ce que le journalisme de dialogue? 

Le journalisme de dialogue, c’est s’asseoir avec la personne avant qu’elle vienne nous raconter son histoire, discuter en tant qu’individus avant même de le faire en tant que journaliste. Reconnaître son histoire, accrocher le côté humain, avoir ce côté-là qui manque parfois au journalisme et aller chercher un lien de confiance pour que la personne elle-même puisse nous dire ce qu’elle a envie de partager. C’est cette transparence, cette honnêteté qui devrait exister dans le journalisme tout court et qu’on retrouve heureusement ici, à la Converse. 

Qu’est-ce que tu as envie de faire à La Converse? 

J’ai envie d’amener beaucoup de visibilité à La Converse, que les gens connaissent sa mission et ses valeurs. C’est très important pour moi que le travail ici qui est fait avec les gens et la communauté soit connu. Je veux que tout le monde sache ce qu’on fait ici! 

Côté journalisme, j’ai envie de donner une voix aux minorités et à la diversité. Je veux laisser les gens dire ce qu’ils ont envie de dire pour qu’au fur et à mesure, on puisse raconter et écouter ces histoires. À mon avis, il n’y a rien de plus beau que le storytelling. C’est important que les gens soient entendus. La Converse, c’est aller converser, aller sur le terrain rencontrer ces gens afin de leur permettre de raconter ce qu’ils ne peuvent pas dire dans les médias traditionnels. Je veux partager avec les autres leurs histoires.