Voici Sterline Forestal, qui se joint à l’équipe de La Converse à titre de journaliste pour l’été. Forte d’une expérience sur le terrain qui l’a amenée de Montréal à la Gaspésie, en passant par le Saguenay, elle considère le journalisme comme une vocation. Et chez Sterline, cette vocation se double d’une passion pour la politique et le communautaire. Elle nous fait part de ses réflexions. 

Tu es journaliste depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui t’a poussée vers ce métier ? 

Toute petite, je savais que j’allais devenir journaliste ! Mon père m’asseyait sur ses genoux pour qu’on lise le journal ensemble, même quand je ne connaissais pas les mots. 

Je suis née en Haïti et j’y ai grandi. Je suis arrivée au Québec en 2007, à l’âge de 13 ans. J’ai toujours été très impliquée là-bas. À la fin de l’école secondaire, dans le cadre d’un projet, j’ai eu l’idée d’aller faire un reportage sur le système d’éducation. Je n’avais aucune formation à l’époque. Récemment, pendant la crise de la COVID-19, j’y suis allée plusieurs mois. J’ai travaillé dans une école pour enseigner le français et l’anglais, et j’ai fait du bénévolat dans un orphelinat.

J’ai un DEC en journalisme du cégep de Jonquière, où j’ai passé trois ans. Je n’ai pas hésité une seconde, je ne voulais pas attendre – même si j’étais très jeune, je voulais tout de suite intégrer le marché du travail en tant que journaliste. C’était très dépaysant, ç’a été une expérience complexe, avec certains traumatismes, mais qui m’a fait grandir. 

J’ai fait mon stage de fin d’études à TVA Carleton-sur-Mer. Ensuite, j’ai réalisé un stage à Radio-Canada dans un nouveau projet à l’époque, qui s’appelle Rad aujourd’hui. Par la suite, j’ai travaillé avec le Journal de Montréal. Je viens de commencer un certificat en sciences politiques avec profil en administration publique à l’Université du Québec à Montréal. 

Quel est le rôle du journaliste pour toi ? 

C’est d’être la voix des sans-voix. Le journalisme, c’est le pouvoir. On peut faire changer les choses avec le journalisme, on peut traiter de sujets qui vont provoquer des changements au sein de la société, et on peut apprendre des choses aux gens.

Ce qui me motive, dans mon métier, c’est le fait de donner la parole à ceux qui ne sont pas représentés dans les médias, ou qui le sont peu ; c’est de leur laisser la parole, peu importe jusqu’où ça va, tant que c’est fait dans le respect. Il ne s’agit pas seulement de présenter les communautés, mais également ce qu’elles vivent – tout en évitant de le faire à la volée, en y mettant de l’eau de rose ou en faisant du politiquement correct. La peur de déranger fait qu’on évite souvent d’aborder certains problèmes de front.  

Que signifie pour toi le journalisme de dialogue ? 

Pour moi, le journalisme de dialogue, c’est de laisser aux gens la place pour s’exprimer. C’est leur laisser la chance de parler, peu importe leur point de vue, mais il faut que ce soit fait avec respect. Le changement peut se décliner de plusieurs manières. Le dialogue est un moyen d’y parvenir. Il faut aller voir les gens, leur parler de ce qui les touche, ne pas se concentrer uniquement sur la parole des experts, mais prendre le pouls des gens qui vivent vraiment les situations dont on parle. Un bon dialogue, ça se fait dans le respect. 

Qu’est-ce qui t’amène à La Converse ? 

Ce qui m’amène à La Converse, c’est d’abord ce qui me définit en tant que journaliste. C’est le fait de provoquer des changements dans la société grâce au journalisme. L’approche de La Converse, c’est vraiment de faire bouger les choses par le dialogue. 

J’aimerais prendre le temps. Je suis quelqu’un de très déterminé dans la vie, et j’aime rencontrer des gens qui ont cette même détermination, peu importe le domaine – le sport, les enjeux sociaux ou politiques. Je veux les écouter, les entendre parler de leur passion ou de ce qui les choque, ou des changements qu’ils veulent apporter dans la société dans laquelle nous vivons. 

Le fait de travailler pour un média de proximité me donne la chance de creuser les sujets. On n’est pas dans l’actualité, où il faut que ça sorte tous les jours. Là, on a la chance de prendre le temps, de parler avec les gens, de s’asseoir avec eux. On veut aller vers les sujets que les autres médias n’abordent pas ou à côté desquels ils passent. On veut donner la parole aux gens, parler de sujets délicats, même si on sait que ça peut causer des remous – on veut avoir un dialogue dans le respect.